Une petite fille s'approche d'un miroir.

Elle regarde son visage de très près.
Ses taches de rousseur.
Son nez.
Ses yeux.

Puis une question apparaît.

« Suis-je belle ? »

La scène dure quelques secondes.

Mais quelque chose dérange.

Pas à cause de la question.

À cause de son âge.

Pourquoi une enfant si jeune se demande-t-elle déjà cela ?

À quel moment cette interrogation est-elle entrée dans sa vie ?

Le film ne répond jamais.

Il constate simplement qu'elle est déjà là.

Et qu'elle ne la quittera peut-être jamais.

Les années passent.

Le miroir reste.

Les questions changent à peine.

À douze ans.

Le corps change.

On se compare.

On cherche les défauts avant les qualités.

À vingt ans.

On découvre le maquillage.

On expérimente.

On séduit.

On cherche sa place.

À quarante ans.

Le temps laisse ses premières traces.

Le miroir devient plus sévère.

À soixante ans.

Le regard est enfin plus doux.

Comme si toute une vie avait été nécessaire pour comprendre quelque chose d'essentiel.

La question n'était peut-être pas :

« Suis-je belle ? »

Mais plutôt :

« Suis-je suffisante ? »

👇Jetez un oeil

Mais, pourquoi ça marche?

Cette publicité parle de légitimité.

Bien sur le titre suggère qu’il s’agit de beauté et, au fond,

ce n’est pas faux, mais je crois que le message va bien au dela

Pendant des décennies, les marques de cosmétiques ont construit le même récit.

"Si tu n'es pas encore assez belle,

Voici le produit qui va te rapprocher de cet idéal."

Le manque venait de la personne.

La solution venait du produit.

Sephora inverse complètement cette logique.

Le produit ne crée plus la beauté.

Il révèle quelque chose qui existe déjà.

Le manque n'est plus esthétique.

Il est intérieur.

Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas d'être transformés.

C'est de croire que nous avons déjà le droit d'être nous-mêmes.

Bien sûr, Dove avait déjà remis en question les standards de beauté avec Real

Beauty, tandis que L'Oréal affirmait dès 1971 : « Parce que je le vaux bien ».

Sephora ne repart pas de zéro. La marque prolonge cette évolution en déplaçant

une nouvelle fois le centre de gravité : la beauté n'est plus une validation

extérieure, mais l'expression d'une légitimité intérieure.

Sephora ne redéfinit pas la beauté.

La marque redonne aux femmes le droit d'en être les seules expertes.

La mécanique derrière

Ce film raconte une vie.

Mais en réalité, il raconte une seule et même question.

Enfant :

"Suis-je belle ?"

Adolescente :

"Suis-je normale ?"

Jeune femme :

"Suis-je désirable ?"

Plus tard :

"Suis-je encore belle ?"

Les mots changent.

Le doute reste.

Le miroir ne change jamais.

Ce qui change, c'est le regard que l'on porte sur soi.

Au début, le miroir est un tribunal.

Chaque reflet semble attendre un verdict.

À la fin, il devient simplement un témoin.

Le miroir n'a pas changé.

La personne, si.

C'est probablement le plus beau symbole du film.

Pourquoi c’est puissant en communication

Cette campagne ne redéfinit pas

seulement la beauté.

Elle redéfinit l'origine de la beauté.

Pendant longtemps, nous avons

appris que la beauté venait de

l'extérieur.

Des magazines.

Des mannequins.

Du regard des autres.

Des standards.

Sephora propose exactement l'inverse.

La beauté naît à l'intérieur.

Le maquillage n'est plus ce qui la crée.

Il devient simplement une manière de

l'exprimer.

Autrement dit, la marque déplace le pouvoir.

Elle cesse de dire :

"Nous allons vous rendre belle."

Et commence à dire :

"Vous l'êtes déjà. À vous de choisir

comment l'exprimer."

Ce n'est pas un changement de

slogan.

C'est un changement de paradigme.

Le produit cesse d'être une promesse.

Il devient un langage.

Je crois que ce film ne parle finalement ni de rouge à lèvres, ni de mascara.

Il parle d'une permission.

La permission de ne plus attendre que quelqu'un d'autre décide de notre valeur.

Parce qu'au fond, le pouvoir de la beauté n'a jamais résidé dans un miroir.

Ni dans un produit.

Il réside dans le moment où l'on cesse enfin de demander :

« Suis-je suffisante ? »

Et où l'on commence à répondre soi-même.

Ton takeaway →

Les marques les plus puissantes ne vendent pas forcément une transformation.

Elles peuvent rendre à leurs clients quelque chose qu'ils avaient laissé aux autres :

l'autorité de reconnaitre leur propre valeur.

Ici, Sephora ne devient pas le juge de la beauté.

La marque devient le compagnon de route de ceux et celles qui cherchent à se

réconcilier avec leur propre regard.

Joel El hadj

Chef - op I Dirigeant

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